par Scalp » Sam 05 Avr 2008, 09:54
10/10
The Getaway de Sam Peckinpah - 1972
Bon j'ai maté trop de merdes ou de trucs obscurs, il me faut une valeur sûre et donc il me faut du Peckinpah. Et c'est un film particulier dans sa filmo, dans tous ses films qui sont des énormes réussites celui-là est un peu à part (des fois c'est même mon préféré du gars, ici ça le sera jusqu'à je revois Wild Bunch ou Pat Garrett), il est un peu à part car même si on reconnaît forcément sa touche (la forme quoi), c'est pas du Peckinpah à 100%. C'est pas du pur Peckinpah car c'est pas aussi sombre que ça devrait l'être au vue du matériau de base à savoir un roman de Jim Thompson qui dans le genre noirceur se posait là (enfin je parle de Thompson en générale, j'ai pas lu ce livre) et ici le script est signé par le alors tout jeune Walter Hill qui a édulcoré le truc pour faire quelque chose d'un peu plus tout public (le film était prévu à la base pour Peter Bodganovic mais qui sera viré par McQueen), j'exagère un peu en disant ça mais on est pas devant Croix de Fer ou Chien de Paille quoi. Et c'est pas du pur Peckinpah car Steve McQueen a fait main basse sur le film (c'est lui qui avait le final cut) en remplaçant notamment le compositeur attiré de Peckinpah : Jerry Fielding par un mec plus en vogue à l'époque en la personne de Quincy Jones (ça va on perd pas forcément au change car il signe ici un super score jazzy).
Même si le film édulcoré par rapport au roman on reste devant un vrai film hardboiled qui fait pas dans la dentelle et Peckinpah fait des merveilles derrière la caméra (malgré son alcoolisme de plus en plus fort). Si John Ford et Akira Kurosawa sont les pères du cinéma moderne et on apporter énormément de choses, Peckinpah reste à ce jour la référence quand on parle action, sans lui il y a tout un pan du cinéma d'action qui n'existerait tout simplement pas, bien évidemment il y a ceux qui sont évident comme John Woo, Tarantino, To, Walter Hill car ils sont connotés action mais il y a tout un tas de cinéastes qui ont été influencé par Bloody Sam et on y pense pas forcément : Clint, Oliver Stone, Kathryn Bigelow, Michael Mann... et même George Lucas quand on revoit ce film, bref le mec est une légende et sa réalisation atteint ici des sommets.
Ca commence dès cette intro quasi muette avec McQueen en prison qui imagine la vie de sa femme, le montage est parfait, les cut, les idées, les plans, ça pose immédiatement le contexte et l'amour que le personnage porte à sa femme, et c'est là où Peckinpah surprend (surement parce que le script est plus "gentil") car il livre avant tout une vraie histoire d'amour avec ce couple seul contre tous, quand McQueen apprend/comprend que sa femme a couché avec un autre c'est puissant. Un film qui doit évidemment beaucoup à McQueen dans un de ses meilleurs rôles, il bouffe l'écran comme toujours mais ici les lunettes fumés, le shotgun, il transpire la classe à chaque plan et son couple avec Ali McGraw fonctionne alors que c'est loin d'être une grande actrice mais ça fonctionne car le couple s'est réellement formé en dehors de l'écran. Il y a des séquences inoubliables comme quand il est chez l'armurier ou évidemment la fin mais il y a aussi des moments presque poétiques qui font bizarre chez Sam, les retrouvailles après la sortie de prison il tente beaucoup de choses sur la forme avec des flashforward ultra cut notamment.
Il y a aussi un truc tout con que j'ai apprécié, le sempiternelle scène où le héros laisse le méchant pour mort, j'aime bien comment s'est foutu ici car on y croit, on se dit pas putain il veut pas vérifier si il est mort, la séquence est montée de sorte qu'on se dit ok ça me va c'est crédible et ça c'est pas si souvent. Et puis on a forcément le gunfight dans l'hôtel qui a marqué tout une génération de cinéastes, je vais pas revenir sur les qualités, c'est du Peckinpah dans le texte, c'est des ralentis ultra classes, c'est des idées de montage à chaque plan, c'est McQueen avec un shotgun, c'est ultime.
Outre le duo on a un bon casting avec Ben Johnson, toujours une bonne idée de casting lui, Al Lettiri et sa gueule inoubliable (faut dire que dans le remake la seule chose qui peut vraiment concurrencer le film de Peckinpah c'est la prestation de Madsen dans ce rôle), Slim Pickens et Bo Hopkins
Un film qui ne prend pas une ride, toujours un monument du cinéma par un des 5 plus grands réal de l'histoire (ça c'est pas discutable).
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