Mr Jack a écrit:Joker : 5/10J'ai l'impression de voir toujours les mêmes films. Encore une origin story qui va aller expliquer comment untel est devenu ce qu'il est. On regarde, on comprend. Ok. Et donc ? Le film répond à la question du comment là où, étant donné la mythologie très forte derrière ce personnage, le pourquoi est bien plus passionnant. En réalité le Joker ressemble un peu à Sherlock Holmes. C'est un sociopathe, qui a une pensée bien à lui et qui utilise ce qu'il a pour créer le désordre (là où l'autre s'occupe en résolvant des crimes). La question qui moi m'intéresse c'est d'abord : le Joker est-il réellement fou ou un génie du mal ? Le film, par son postulat social et (surtout) misérabiliste, ne répond jamais à la question. Il raconte simplement (en reprenant pas simplement les thèmes mais les trames et caractérisations de Taxi Driver et King of Comedy de Scorsese) l'histoire de l'homme derrière le Joker. On ouvre le dossier du patient, et on constate : ah oui, sa mère n'était pas sa mère et le prenait pour un puching-ball, et ah oui son père l'a abandonné donc niveau repères dans la vie c'est pas ça ; du coup je comprends mieux, le mec tombe dans la folie et vu le contexte dans lequel il vit, la folie ça parle et ça prend, du coup la ville prend feu et là les Wayne se font descendre. Ok, on referme le dossier. Et donc ? (encore). Moi je veux savoir en quoi le Joker est fou, pas comment il est devenu fou. Les films de Nolan (qui en tant que blockbusters, ce que Joker n'est pas du tout, avaient bien d'autre chose à démontrer) ont des défauts mais parlaient au moins de ce que c'était d'être un héros, ce que ça impliquait d'abord et puis la face cachée de l'héroisme, la fine ligne avec le banditisme (faire une bonne action mais au nom de quoi ? et à quel prix ?). Les Spiderman de Raimi soulevaient aussi ça. La face cachée du héros. C'est quoi la face cachée de Joker ? Un pauvre gars tout triste qui rigole parce qu'il est handicapé ? D'une le postulat de victime je le trouve fatiguant dans sa globalité et un peu dangereux ici ; et puis ça peut pas se résumer à ça. C'est une victime de son environnement, et il devient un anti-héros par accident ? Est-ce que c'est un anti-héros ou juste un mec fêlé ? Le film reste en surface et glisse sur un postulat un peu puant qui ne fait rien avancer. A priori, je pensais que Phoenix était un bon choix pour le rôle, mais force est de constater que malgré sa qualité d'acteur qui n'est plus à prouver, il n'est pas fou, il joue la folie. Il endosse un costume et fait le fou. Jamais on ne ressent les fêlures et la crète sur laquelle il marche, équilibriste, entre folie et génie malsain. Il est juste triste. Si on repense à Dark Knight, Ledger est vraiment inquiétant, on ne sait pas sur quel pied danser et on sent que le gars est un gros point d'interrogation ambulant. Il crée le chaos par son indifférence provocatrice. C'est un troll ? Un révolutionnaire ? L'ambivalence du Joker joué par Ledger n'est pas du tout reprise par Phoenix. Et le film ne va jamais creuser la mythologie, il reprend juste un point dans sa vie et trace la ligne jusqu'à un point d'arrivée dans lequel tout le monde pourra se situer aisément. Une belle déception, donc. Prochaine étape comment Catwoman est devenue Catwoman, elle s'est fait violer par des chats et en plus sa mère était une droguée. Vivement les oscars.
En tout point d'accord avec ce que tu dis, ça fait du bien de lire un avis un peu nuancé sur le film et qui ne reste pas en surface
